L'oraison, prière intérieure

L'oraison et l'enfant 3.4

L'ENFANT DOIT SE SAVOIR AIMÉ DE DIEU

Sa première attitude être théologale :

Il vient de Dieu, il retourne à Dieu.

  Son devoir essentiel est de le connaître, de l'aimer, d'entretenir avec lui des relations d'amour.

  C'est sur cette terre que commence la vie éternelle …

  Quand l'enfant prie, il est en présence du buisson ardent, du foyer d'amour qui est Dieu.
Il est en relation vivante avec le Père, le Fils et l'Esprit-Saint, diffusant à tout instant en lui leur vie et leur amour.
  Il aime Dieu parce qu'il est son enfant. Il contemple son Père parce que la joie de son Père c'est de l'aimer et de vouloir l'engendrer à sa propre vie, dans son Fils et par l'Esprit-Saint.
  Dieu est présent dans les profondeurs de l'être.

  Où trouver Dieu mieux qu'en nous-mêmes ?
" Vous êtes en moi, dit Jésus, et moi, je suis en vous… " (Jn 14,20).

Et Saint Paul affirme :

" Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, que son Esprit habite en vous ? " (I Co 3, 16).
Et " …que Jésus habite en nos cœur par la foi… " (Eph 3,17).

Et encore :
" C'est en Dieu que nous avons la vie, le mouvement et l'être… " (Ac 17, 28).

Dieu soutient sa création et tout homme de sa puissance divine, de sa présence active. Il est présent substantiellement dans chaque homme : il l'a créé, il l'envahit. Il est autour de lui, en lui et jusqu'en ces régions les plus intimes, les plus profondes de son être.

Mais il est un autre mode de présence et de relation, bien plus nouveau et vivifiant encore, c'est celui qu'il nous est possible de réaliser par la grâce reçue au baptême.

  Cette grâce, de même nature que Dieu, nous permet de participer réellement à la vie trinitaire ; comme des fils, nous pouvons avoir, avec de Dieu présent en nous, des relations de connaissance et d'amour.

  " Si quelqu'un m'aime, dit Jésus, mon Père l'aimera, nous viendrons à lui, nous ferons chez lui notre demeure… " (Jn 14, 23).
  C'est en nous-mêmes, en notre âme, en sa partie la plus profonde et la plus secrète, que nous pouvons entrer en relation avec Dieu.

Les Saints nous en donnent le témoignage :

" Voici que Tu étais au-dedans et moi au-dehors et c'est là que je Te cherchais…dit saint Augustin. Tu étais avec moi et je n'étais pas avec Toi…

  …Rentre en ton cœur, c'est là que tu verras ce que tu pressentais de Dieu car c'est là qu'est l'image de Dieu. Dans l'homme intérieur habite le Christ, dans l'homme intérieur, l'homme est renouvelé à l'image de Dieu et connaît son Créateur à travers son image… " (Conf. x 27, 38 ; Jn 18, 10).

  "… Il y a un point que j'ignorais au début, écrit sainte Thérèse d'Avila. Je ne savais pas que Dieu est réellement dans toutes les créatures. Et il me semblait qu'une présence qui me paraissait si intime à mon âme était impossible. D'un autre côté, cesser de croire qu'il fût là, je ne pouvais pas, car d'après ce que je croyais avoir clairement compris, Dieu était là vraiment présent. Des gens peu instruits me disaient qu'il s'y trouvait seulement par sa grâce. Pour moi, je ne pouvais me ranger à leur avis, car, je le répète, il me semblait qu'il était là présent lui-même.

Je me trouvais donc dans l'angoisse quand un religieux très instruit… vint dissiper mon doute. Il me dit que Dieu était véritablement présent en moi ". (Vie ch XVIII).

Et saint Jean de la Croix nous dit : " O Verbe, montrez-moi le lieu où vous êtes caché ?

….Le Verbe, en union avec le Père et le Saint-Esprit, réside essentiellement au plus intime de l'âme où il se cache. Aussi l'âme qui doit le trouver, par union d'amour, doit détacher sa volonté de toutes les choses créées, entrer dans un profond recueillement au-dedans d'elle-même, et là, entretenir des rapports pleins d'affection et d'amour avec Dieu.

Dieu est caché dans l'âme, et c'est là que le vrai contemplatif doit le chercher " (Cant Sp. str. I).

IL FAUT EDUQUER L'ENFANT A L'INTERIORITE

Pour qu'il trouve l'Être même de Dieu qui l'habite, et puisse l'atteindre en exerçant les puissances de connaissance et d'amour surnaturels contenues dans sa grâce.
  A l'enfant moderne qui, de toute part, est sollicité par l'extérieur, un espace de prière où il pourra se rendre facilement, favorisera l'effort de recueillement et de silence qui lui est demandé pour ramener ses facultés d'attention au-dedans de lui, dans ce centre le plus profond où Dieu se donne et se révèle.
  Ici l'enfant fait silence, il est avec Dieu, et Dieu est avec lui…

Au baptême, l'enfant reçoit les richesses de Dieu : la grâce et l'Esprit-Saint.
  " Ne t'étonne pas, confie Jésus à Nicodème, à moins de naître d'eau et d'esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume des Cieux… " (Jn 3, 5).
Pour " naître d'en-haut ", il nous faut connaître et utiliser les richesses divines que nous possédons.
  La grâce est une participation réelle à la vie divine. Parce qu'elle est de même nature que Dieu, elle permet la relation et l'union à Dieu. Cette relation se fait par le moyen des vertus théologales. Ces vertus, contenues dans la grâce, sont la Foi, l'Espérance, la Charité.
  De même que les sens permettent la perception du monde matériel, de même ces puissances de Foi, d'Espérance et d'Amour permettent le contact avec le monde surnaturel et divin. Elles ont le pouvoir de pénétrer dans le mystère de Dieu et de nous le faire connaître directement.
  Ce trésor divin, que nous portons en nous, possède un dynamisme et une puissance d'expansion extraordinaires. La grâce, dit Jésus " est comme un levain… ". Bien qu'enfouie et cachée dans la nature humaine, elle doit l'envahir et la transformer tout entière. Pour cela, son activité va utiliser tout ce qui est propre à la nature humaine : l'intelligence et la volonté libre.

LA FOI prolonge l'intelligence et atteint sûrement Dieu d'un contact réel, vivant et direct. Elle seule peut franchir l'infini qui nous sépare de Dieu. Elle seul nous permet de communiquer et d'entrer en relation avec Lui (cf. Lc 8, 45-46).

L'ESPERANCE est la vertu de marche de la vie spirituelle. Elle nous fait désirer Dieu qu'on ne possède pas encore (cf. Rm 8, 24-25).
Elle nous fait tendre vers lui de toute la force de notre foi et de notre amour (cf. Ph 3, 13).

LA CHARITE c'est-à-dire l'Amour, insérée sur la volonté, nous fait aimer Dieu avec l'amour qu'il nous donne ; elle nous fait aimer les autres de l'amour dont il les aime. C'est la vertu la plus grande, celle qui ne passera pas, celle qui nous fera aimer Dieu durant l'éternité…(cf. I Co 13,13).

L'Esprit-Saint, la troisième Personne de la Trinité Sainte, le souffle d'amour du Père et du Fils nous est révélé par Jésus.
" je vous l'enverrai… " (Jn 16, 7).

  L'Esprit-Saint nous est envoyé par le Christ pour continuer son œuvre ici-bas, pour diffuser sa vie dans les âmes et construire l'Église. Il est l'agent efficace de la vie spirituelle. Il nous est spécialement donné au baptême pour faire grandir la vie de la grâce (cf. Rm 5, 5) et en diriger la croissance.

  L'Esprit-Saint est toujours présent, agissant en nous. Il est notre hôte, notre ami, notre maître intérieur ; sans lui, nous ne pouvons rien faire. C'est lui qui doit nous animer, nous guider, nous instruire (cf. Rm 8, 14ss). Comment le fait-il ?