L'oraison, prière intérieure

L'enfant et l'oraison 3.7

Conversation entre Tiphaine, 4 ans, et son éducatrice :

- J'aime beaucoup Jésus et Marie !
- Un jour, tu iras les voir.
- Qu'est-ce qu'il faut faire pour voir Jésus ? Il faut beaucoup prier ?
- Oui, il faut prier sur la terre, et un jour tu les verras au ciel.
- Mais Jésus, on ne le voit pas ! Comment je ferai pour le voir ?
- Avant, il faut mourir.
- Qu'est-ce que cela veut dire ?
- S'arrêter de vivre sur la terre et aller vivre avec lui dans le ciel.
- Qu'est-ce que c'est vivre ?
- Quand est-ce que je m'arrêterai de vivre ?
- Quand Jésus voudra.
- Mais comment il fera ? Alors, je verrai plus ma maman ?
- Si, maman sera avec toi aussi, auprès de Jésus.
(un soupir)…

-Je languis… Quand je serais près de Jésus, je lui dirai beaucoup de choses !

Dieu est libre de ses dons. Quand il le veut et que l'Esprit-Saint agit, il est facile de le rencontrer.
Cependant, il est parfois difficile de prier, et surtout de faire prier.

 

Un jour une éducatrice me dit :

" Venez faire prier mes enfants, et parlez-leur de la prière "

Ces enfants n'avaient que 3 ans et demi.

Je me suis assise devant ces petits, groupés sur le tapis de causerie. Sans doute lasse, je n'ai pas pu parler, mais j'ai prié, devant eux, silencieusement, profondément. Je suppliais Dieu :

Je ne peux rien, mais vous, vous pouvez tout…Passez à travers moi… Donnez-vous vous-même à ces enfants. Révélez-leur quelque chose de votre présence et de votre vie…

Le silence s'est fait. Certains regardaient, d'autres fermaient les yeux. Peu à peu, ils se sont recueillis, de ce recueillement surnaturel qui annonce et prépare la visite de Dieu…

Cela suffisait ! La leçon sur la prière était terminée. Voir prier, pour les enfants, c'est déjà prier !

Anne est une petite fille de 6 ans.

Les médecins l'ont condamnée. Ses parents, dans leur grande foi, l'ont offerte à la volonté de Dieu et confiée à la Sainte Vierge.
Au cours du mois de mai, je reçois cette lettre de l'éducatrice qui lui avait appris à trouver Dieu et à le prier :
 
Les médecins pensent que la petite Anne est proche de sa fin. La maladie progresse, ses souffrances ont commencé. Elle a sans arrêt des vaisseaux qui éclatent dans la tête, particulièrement dans les yeux et dans les oreilles. Parfois, elle hurle de douleur…
Malgré tout, quand les calmants font de l'effet, elle peut dormir.

J'ai fait un carnet de prières en m'aidant des livrets que vous avez réalisés. Je sais bien qu'Anne ne sait pas lire, mais je l'ai fait en pensant que sa maman pourrait la faire prier, avec vos phrases toutes simples.
Les jours où elle est trop fatiguée, Anne dit à sa maman : " Dis la prière, fort, et je t'écoute… "
Elle est contente parce que, maintenant, elle les sait par cœur.

A la fin du mois, Dieu venait prendre auprès de lui l'enfant qu'il aimait et à qui il avait fait partager, encore toute petite, la mystérieuse fécondité de la souffrance.
 
" Petits enfants, vous êtes de Dieu.
L'onction que vous avez reçue de lui vous instruit de tout…
Oui dès maintenant, demeurez en lui, petits enfants.. " (en saint Jean 1-2, 27).